c) Roubaud reprend à sa manière la quête de Perec
Déplacement de la géographie parisienne de Perec vers celle de Tôkyô dans Tokyo infra-ordinaire (2005) de Jacques Roubaud, poète et mathématicien, ami oulipien et fin lecteur de Perec. Hommage de Roubaud à Perec et à la poésie.
« Coda », je m’en rends compte à présent, m’a été soufflé par la relecture de cette tribulation circumtokyoïte sur la ligne de train Yamanote.
Perec, dans La Machine, a distingué dans la mise en page les voix et les acteurs différents à l’aide de couleurs, de colonnes et de la typographie. Roubaud va reprendre les procédés visuels, de la façon suivante :

Technique : la simulation d’une analyse informatisée par ordinateur, chez Perec, devient train sur voie ferrée : la Yamanote Line, « sorte d’œil […] et englobant le centre même de Tokyo central », écrit Roubaud.

Son cahier des charges ou « plan » est d’ « Aller dans toutes les stations par la Yamanote Line ; une station par jour ; chaque station constituant une station de mon haibun [composition littéraire en poésie et en prose] futur », de « Rayonner à partir de la station du jour, vers l’intérieur surtout. Profiter des parcs pour la méditation – composition de poèmes. »
Il se donne pour tâche d’écrire des « pseudo-tanka, pseudo-haïkus », « pseudo, bien sûr, parce que je ne respecte même pas toujours la disposition syllabique ». Il notera « des choses vues (moments présents) et images-souvenirs (moments passés), « des images-mémoires, qui sont des composites d’images-souvenirs, assorties de méditations sur ces images ».
Les différentes couleurs, qui apparaissent clairement dans le livre, sont celles de « stylos signo », de « HI-TEC-C » à pointe hyperfine » et « quatre Hybrid, respectivement / marron / clair /mauve / rose / jaune ».
Roubaud écrit aussi : « 18 2 3 le Japon est pour moi l’empire des “signo” »…

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