Carnet des jours ailleurs, 4

Des lianes brillantes et acérées fleurissent le haut des murs. Prodigues, exubérantes, elles serpentent symétriquement, rouillent aux pluies hivernales, lacèrent les chats hardis. Vénéneuses, elles empoisonnent le regard de leur suc paranoïaque. Ourlées d’isolants en porcelaine blanche, elles passeraient presque pour jolies, feston joyeux des bétons, agrippées à leurs tiges d’acier brut et strié. Elles dissuadent aux crêtes des enceintes.

Les habitants de la contrée en raffolent et les sèment en toute saison. L’œil curieux s’approche et distingue des folioles pointues, appariées à la tige : c’est l’hellébore fétide, celle qui guérissait la folie chez les Anciens ; c’est un jour de pluviôse, où elle croît obstinément. Ce sont les barbelés, enserrant à l’étouffer Guatemala Ciudad.

Photo : B.L.


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Réponse

  1. Avatar de françoise RENAUD

    quelle belle inspiration… prisonnière…
    j’ai visité Guatemala ciudad il y a très longtemps et ne me souviens de presque rien, en tout cas pas de ces barrières agressives
    (barrières qui nous protègent de quoi, hein ?)
    ajouter que l’hellébore fétide est d’une fort belle plante aux corolles délicatement rosées qui se montrent en décalé des floraisons plus ordinaires

    plaisir de suivre ton carnet de jours anciens…

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