Série de 10 micro-épisodes sur la mort de la Grande Momie Littérature
La littérature c’est fini. Vous pouvez même l’aider à finir. Longue mort à la littérature !
Ces lignes détournées, puis inoculées sur les réseaux sociaux le 1er janvier 2026, lancent l’affaire du Corps sans organe, fédérant autour de lui des millions d’internautes.
Lire le Dernier Livre, ultime corpus delicti signant la fin de l’histoire ! On croit au canular, au défi prétentieux et éphémère d’un internaute en mal de célébrité. Hackers, dilettantes, programmeurs et cryptographes constituent des groupes, s’organisent en réseaux, ouvrent des forums, occupant tous les espaces que l’agora zéro d’Internet peut offrir. Détracteurs et zélateurs poursuivent les mêmes buts : identifier le ou les auteurs du Corps sans organe, tant l’anonymat excite la curiosité et réclame sa satisfaction ; jouer le jeu de ce marionnettiste qui ose annoncer la fin de la littérature, qui plus est sous la forme d’un Livre – le paradoxe agace et déclenche des philippiques hargneuses contre qui n’ose même pas signer de son nom une entreprise de toute façon vouée à l’échec, car vraiment, peut-on en finir avec la littérature ?
Malgré le talent des hackeurs, malgré les sniffers, les craqueurs de code, l’identité du Corps sans organe, à l’adresse IP aussi mouvante qu’une anguille, reste mystérieuse. Ne reste plus qu’à jouer le jeu du Corps, en acceptant la rage au cœur qu’y prendre part, c’est jouer son jeu, avec le secret espoir que la résolution de la quête révèlera un hoax, une supercherie, du bruit pour rien. Ou, pour les adeptes du Corps sans organe, réunis en une nébuleuse sèchement nommée Syndicat d’effacement de la littérature ou SEL, jouer, c’est participer au grand soir, à l’effondrement de la Momie millénaire.

Laisser un commentaire