Série de 10 micro-épisodes sur la mort de la Grande Momie Littérature
Ironiquement, c’est un principe vieux comme le monde que suit la règle du jeu édictée dans le premier message : résoudre une énigme, pour pouvoir accéder à l’énigme suivante, jusqu’au Grand Œuvre. C’est la diffusion Urbi et Orbi de la première énigme, en deux cents langues, qui a séduit et inquiété. Non tant pour le travail que ce polyglottisme supposait (les intellligences artificielles peuvent s’acquitter rapidement de la tâche) que par la puissance de pénétration du projet sur le réseau mondial, puissance qui suppose technicité et moyens financiers. Première énigme ruisselante de lumières sur les panneaux géants des places connues, surgissant en bandeaux publicitaires et fenêtres pop-up sur tous les réseaux, relayée sur papier par la presse spécialisée et les podcasts, s’incrustant dans les bandes-annonces des blockbusters, motif de compétitions mortelles façon Squid Games entre internautes qui ont perdu pied avec la réalité. Le SEL combat pied à pied la prétendue agressivité du projet, expliquant logiciels à l’appui qu’il est facile de créer du texte viral et d’en inonder le web. Leurs opposants insistent sur le nécessaire levier économique pour orchestrer une campagne mondiale digne des GAFAM et des BATX ; ils accordent un crédit mortifère au Corps, imaginant un autodafé planétaire, un nouveau Fahrenheit 451, un recul civilisationnel aux conséquences horrifiantes, ourdi par les grandes fortunes de la tech – qui pourtant démentent régulièrement être à l’origine de l’affaire.

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