La litté c’est fini (6/10)

Série de 10 micro-épisodes sur la mort de la Grande Momie Littérature

La parution de l’énigme deux, fin janvier 2026, attendue avec la fébrilité que l’on devine, donne ceci : | singe au hasard | . Cette énigme procure un vif soulagement à la sphynxgosphère : ce ne peut être qu’une allusion au paradoxe du singe savant, que les pro et anti-Aleph redécouvrent, étudient, exposent sur des millions de blogs et vlogs, en d’interminables posts, qui se renvoient les uns aux autres, en une redondance aussi vertigineuse qu’inefficace. Le joueur ∞ monkey résume l’ensemble des débats de la manière suivante : la probabilité qu’un singe (ou tout autre machine capable d’appuyer sur une touche) parvienne à écrire Hamlet en tapant au hasard et indéfiniment sur un clavier n’est pas nulle, mais incommensurable. ∞ monkey cite le philosophe Gian-Carlo Rota en ces termes : Si le singe pouvait taper sur son clavier une touche par nanoseconde, alors la durée d’attente pour que le singe dactylographie complètement Hamlet serait si longue que l’âge estimé de l’univers paraîtrait insignifiant par comparaison… et ce n’est pas une bonne méthode pour écrire les pièces de théâtre. La Sphy-sphère se perd en conjectures. S’il faut attendre la fin de l’univers pour lire le Grand Livre, à quoi bon ? Le découragement gagne. Ces deux premières énigmes coïncident dans la notion de hasard, cité par Harry Sibelius et par Aleph lui-même, mais c’est pour mieux faire reculer l’horizon qui prend des allures d’éternité, assez peu goûtée des impatients joueurs du Corps. La fin du Livre serait d’un autre monde, inaccessible aux humains ? Non, vraiment !


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